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Nom du blog :
romanantes
Description du blog :
journal d'une semaine cauchemardesque en psychiatrie
Catégorie :
Blog Santé
Date de création :
10.05.2007
Dernière mise à jour :
10.09.2007
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Le fameux dossier

Posté le 10.09.2007 par romanantes
Je trouve seulement maintenant vos trois commentaires, merci infiniment, je vais prendre contact avec vous très prochainement. Pardon pour l'absence prolongée, que j'explique ci-après. A bientôt !

Le fameux dossier

lundi 10 septembre 2007 - Oh là là, je vous ai oubliés un bon moment … presque tout l’été en fait. Bon, c’est que j’avais mieux à faire, beaucoup mieux, et vous aussi je vous le souhaite.
Voilà, je rentre de Vérone et je me dois d’en finir avec ce texte, tout au moins provisoirement. Cette histoire est tellement édifiante que je serai heureuse de la mettre de côté quelque temps. Mais je ne peux pas ne pas vous dire ce que contenait ce tant attendu « dossier médical ».

Très étrangement, au lendemain de la parution du dernier article de mon blog, j’ai reçu un appel de la secrétaire du dr B., me demandant le nom de mon médecin traitant … Je lui ai demandé pourquoi, elle a répondu qu’elle ne le savait pas ! J’ai tout de même compris que le dossier serait adressé à un médecin, et non à moi directement. N’ayant pas de médecin traitant puisque je ne suis jamais malade, j’ai téléphoné à celui que j’avais consulté deux fois dans cette histoire, afin de lui demander si je pouvais transmettre ses coordonnées à Saint-Jacques. J’ai eu la secrétaire, à qui j’ai laissé le message une première fois, une deuxième fois, puis enfin, à mon troisième appel, j’ai eu l’accord de ce médecin. J’ai donc communiqué ses coordonnées à la secrétaire du dr B.

Bien, je comprenais qu’on allait finalement envoyer mon dossier à « mon » médecin traitant, bon, imaginons que ce soit la procédure habituelle, je ne le sais pas. Disons que c’était aussi un moyen de gagner du temps, et de prendre la précaution d’informer « mon » médecin traitant, au cas où il ne l’aurait pas constaté lui-même, de mon état mental très dégradé … Je suis médecin, je te dis cher confrère que tel patient est très perturbé, tu penses comme moi, cela va de soi …

Il s’est tout de même passé pas mal de temps avant que je ne l’obtienne, ce dossier, car, toujours très étrangement, on ne m’a pas téléphoné pour m’annoncer qu’il était arrivé. J’ai moi-même dû appeler à plusieurs reprises, pour enfin le savoir, oui je pouvais aller chercher mon dossier, mais je devais prendre rendez-vous avec le dr D., qui n’allait pas « me le remettre comme ça dans le couloir ». Nous étions vendredi 13 juillet, la secrétaire me fixait le rendez-vous au vendredi suivant … je demandai à venir le lundi, et après réflexion, elle m’accorda un petit moment le lundi 16 juillet à midi !

Le dr D. fit tout ce qu’il pouvait pour me dissuader de tenter une quelconque action en justice, « au vu de votre dossier médical, vous perdrez ». Il prit ma tension, sur la manche de chemise cette fois-ci, la première fois, j’avais dû enlever mon soutien-gorge, me fit régler la « consultation », et je fus enfin libérée de toutes ces tartufferies.

Je n’ai pas lu tout de suite le dossier. Je savais grossièrement ce qu’il contenait, et j’avais besoin de me consacrer à un autre travail littéraire, que je ne voulais pas polluer. Je l’ai donc laissé sur un coin de mon bureau … et ne l’ai lu qu’il y a un peu moins de trois semaines, avant mon départ à Vérone. J’ai lu ce que je savais déjà, j’ai laissé reposer le temps de mon voyage, et voilà, je suis rentrée la semaine dernière, et je remets chaque jour ce travail qui ne m’intéresse plus vraiment pour l’instant. Je suis toujours très occupée par cet autre travail littéraire beaucoup plus passionnant.

Donc, le dossier : concentrons-nous sur le paragraphe « Evolution pendant l’hospitalisation » que je vous relate intégralement.
« Après quelques jours d’hospitalisation, Mme .. ne présentait aucun affect dépressif, critiquait son geste qu’elle a réalisé de manière impulsive, dans un contexte de problématique sentimentale (pour faire réagir son compagnon). !!! (premiers !!!, dont il faudrait saupoudrer tout le dossier).
L’ HDT a pu être levée et Mme .. a pris des permissions afin d’entreprendre les démarches nécessaires à son nouveau projet de vie.
Mme .. présente une probable structure névrotique, hystérique, avec une versatilité importante de ses affects.
Elle a un parcours de vie instable, change très régulièrement de lieu de vie, et entretient des relations superficielles au gré de ses pérégrinations.
Elle multiplie les relations sentimentales sans lendemain et change régulièrement de projet de vie (journalisme, fleuriste, secrétariat, professeur de français …).
Elle n’a aucune demande de soins. »

Voilà voilà voilà … je ne sais toujours pas si je dois éclater de rire, ou en en être consternée au plus haut dégré. Mieux vaut rire, mais.

« contexte de problématique sentimentale (pour faire réagir son compagnon) » : mais qui a inventé ça ? Certainement mes « bonnes amies », eh oui, certainement. Elles, amoureuses d’un toccard, s’avaleraient un mélange d’alcool et de lexomil pour faire réagir le mec ! C’est évidemment le meilleur moyen, tout le monde le sait, pour faire tomber raide dingue amoureux un mec ! Bon, là je préfère passer, c’est juste désolant.

Pour le reste, c’est franchement édifiant ! Le dr B., qui ne me connaît pas, répète ce que trois femmes qui me connaissent très très très peu ont dit de moi à un médecin des urgences, le dr L., qui elle-même m’a interrogée dix, allez quinze minutes ! Trois femmes, dont une alcoolique régulièrement suivie en psychiatrie, que j’ai fréquentée moins de dix fois entre juillet et avril, une boulimique dépressive que j’ai rencontrée deux fois cinq minutes à un concert, et une fois une heure à une terrasse de café, et une vieillissante vieillissant mal, que j’ai vue à des réunions d’une association caritative, et qui est venue une fois chez moi boire un café, environ trente minutes !!! Je ne voudrais pas être trop méchante, cependant … j’aimerais vous mettre leur photo, évidemment je ne l’ai pas, et si je l’avais, ne le ferais pas. Mais vraiment, j’aimerais que vous puissiez vous faire une petite idée par vous-mêmes, chers lecteurs, de ce à quoi elles ressemblent … Je pense sincèrement qu’à les voir, on comprend beaucoup de leurs … frustrations ? Mais je n’ai pas le droit d’émettre un tel avis, bien sûr, je ne suis pas médecin, encore moins psychiatre ! Et elles non plus, justement. Un accident a eu lieu dans la rue, la télé arrive, interroge des badauds qui passaient par là, « Que s’est-il passé Monsieur, Madame ? » Et le monsieur et la dame de dire pour la télé, et donc au pays tout entier, ce qu’ils ont vu ou compris, ou deviné … Et ça s’appelle un témoignage.
Le médecin qui m’a si peu vue aux urgences, a interrogé des « témoins » qu’elle a choisi de considérer comme proches, à défaut d’avoir des parents, de la famille, elle a pris ce qu’elle trouvait ! Elle a écrit les dires de ces « témoins » capitaux, qu’elle a choisi de considérer comme avérés, indiscutables. Et le dr B., qui ne m’a jamais rencontrée, a choisi de répéter à son tour, comme une concierge colporte des potins, ce que tout ce joli monde avait déclaré ! Et cela s’appelle un diagnostic médical, scientifique ! Et c’est écrit dans mon dossier, et ça l’est pour la vie ! Je suis consternée, en italien, on ajouterait « issimée » !

J’ai voyagé, et travaillé comme journaliste-pigiste, secrétaire et prof de français … c’est vraiment très grave, mais oui, mais c’est bien sûr ! Sans boulot à Nantes, je me suis renseignée sur des formations, de fleuriste entre autres, ayant découvert et aimé le jardinage quand j’avais un grand jardin, c’est vraiment très très grave, mais oui, mais c’est bien sûr ! Et je multiplie les relations sentimentales sans lendemain, au gré de mes pérégrinations !!! Alors là, je réalise combien mes « bonnes amies » ont fantasmé sur ma vie amoureuse et sexuelle depuis qu’elles m’ont rencontrée ! Je suis une super tombeuse de mecs, et je baise partout et avec tous !!! Quelle misère ! Pauvres, pauvres femmes insatisfaites, c’est vrai, il faut voir le copain de l’alcoolique, alcoolique lui-même et très très moche, employé dans un magasin de bricolage, il faut voir le copain de la boulimique, vingt-cinq ans au moins de plus qu’elle, et si la vieille a toujours le même mari depuis toujours, certainement leur vie sexuelle n’est pas des plus excitantes. Bon, tout ceci ne me regardait pas tant que je n’avais pas lu ce dossier. Mais voilà, je l’ai lu, et j’y ai vu ce que ces trois femmes sont, et ce que deux autres femmes, médecins psychiatres sont de leur côté. A vouloir tant juger, et surtout déprécier pour se justifier, et avec tant de hâte, on prend le risque d’être jugé soi-même. Mme le dr B., ce que vous révélez dans ce dossier, c’est que vous êtes une parfaite conne, oui oui, une simple conne, une concierge colportant des potins. Merci bien de signer avec autant de brio, de maestria, votre bêtise. En face de mon dossier « médical », j’aurai désormais mes écrits, et ils pèsent beaucoup plus que votre prétendu « diagnostic » d’une personne dont vous ignorez même à quoi elle ressemble physiquement. Je vous plains sincèrement, autant d’études pour une loge de concierge ! Une loge où ne sait rien de ce brave Hippocrate.

Moi, je vais très bien !



--

On sait faire patienter le patient ...

Posté le 21.06.2007 par romanantes

Eh oui, je ne donne plus de nouvelles. C’est que d’une part le privé reste désormais privé, et que d’autre part l’hôpital sait faire patienter le patient.
En effet, après que j’aie de nouveau demandé mon dossier, j’ai reçu un courrier de la direction des urgences m’indiquant un numéro, erroné d'ailleurs, du secrétariat de psychiatrie V de Saint-Jacques, où je devais m’adresser. Après avoir finalement obtenu le bon numéro, j’ai donc appelé. Pour m’entendre dire que j’avais rendez-vous avec la responsable du service, le dr. B. J’ai répondu que je n’avais nul besoin d’un entretien avec un psychiatre et que je demandais mon dossier, ainsi que la loi Kouchner le permet. La secrétaire embarrassée m’a fait patienter pour en discuter avec le dr. B. Réponse : « Mme B. souhaite vous voir en entretien, elle ne vous connaît pas ». « Mais moi je ne souhaite pas voir Mme B., je vous demande mon dossier ». Bon, la conversation a duré cinq minutes et j’ai compris que je n’obtiendrais pas mon dossier ainsi.
Donc la chef des psys de Saint-Jacques, unité V, se sent autorisée à ne pas respecter la loi, et même à faire un chantage au pauvre patient qui ose simplement demander que la loi soit appliquée pour lui comme pour tout patient majeur. C’est stupéfiant.
Ce serait le moment de repenser à cette phrase d’Ernest Renan : « Le propre de ces cultures scolastiques est de fermer l’esprit à tout ce qui est délicat ». Eh oui Ernest, bien d’accord avec toi sur ce point précis.
Cette histoire commence à faire un roman, ou une pièce de théâtre, je connais des comédiens déjà intéressés !
Bon, je crains de ne pouvoir écrire la suite sur le blog, tout au moins tant que je n’aurai pas mon dossier. Je ne tiens pas à informer « l’adversaire » !
Mais je voulais informer mes lecteurs de la situation telle qu’elle se présente pour le moment.
Si quelqu’un veut me transmettre une idée ou une réflexion, il suffit de cliquer à gauche sur « me contacter ».
Et à bientôt de toute façon, on ne va pas se quitter comme ça !

Khonostrov !

Posté le 06.06.2007 par romanantes

Ai racheté Les fourmis de l’ami Boris (tous mes livres sont dans les cartons). La nouvelle dont je parlais au début s’intitule Le voyage à Khonostrov, voyage en train certes, mais pas vers Novgorod ! Pourquoi Novgorod ? Toujours est-il que, l’ayant relue, je continue de voir certains rapprochements avec mon histoire ! Certainement des infirmiers/infirmières et des psychiatres dans ce compartiment ! Si le mutisme est la source des graves ennuis du personnage central, la nouvelle confirme surtout l’existence de deux mondes, au moins deux, hermétiques et étrangers l’un à l’autre, qui divisent les humains sur la terre. Deux mondes irréconciliables. À jamais ? J’adore Vian. Et Camus, et Gary. Mes trois chéris avec Beaudelaire et Rilke. Bon, on n’a pas le temps pour la littérature et la poésie.

De quel côté l’indignité …

Posté le 04.06.2007 par romanantes

Je poursuis mon petit bonhomme de chemin de croix, tranquille, pas mécontente de mon petit succès ! Plus de 110 visites à ce jour tout de même, tout de même, en trois semaines, c’est honorable. Tout Saint-Jacques doit me lire, et toute la direction des urgences ! Et tous à relever les éléments qui vont affiner mon portrait psychologique dans un sens pour eux favorable. Je suis bien brave à les aider !
Je dois en effet m’attendre à une résistance maximale … Qui va « bien vouloir » m’adresser mon dossier … Devrai-je m’adresser à l’avocat, ou au Conseil de l’Ordre des médecins ? Ce serait vraiment désolant. Mais toute cette histoire est désolante, rien ne peut plus me surprendre, et je ne m’attends qu’à des défilades, à des mensonges, à des magouilles. Je les ai vus à l’œuvre, en situation, ils m’ont donné tout loisir d’apprécier leur « honnêteté intellectuelle, très professionnelle ».
Le dialogue est à jamais impossible avec des machines enfermées dans leurs certitudes chopées, comme on chope un virus, dans des bouquins qui caricaturent l’humain, réduisant l’individu à un type, voire à un archétype. Incapables de penser plus haut, plus loin. La tête dans le guidon. Voilà, il leur manque la hauteur d’esprit, qui ne s’enseigne pas, il leur manque la hauteur d’esprit au départ. Ils devaient choisir d’autres études mais non, aveuglés par leur capacité à retenir par cœur des centaines d’informations, ils se sont convaincus qu’ils feraient les meilleurs psychiatres ou, chacun dans sa catégorie, les meilleur(e)s infirmier(e)s. Ils auraient pu faire de bons comptables, dommage pour la comptabilité.

On n’est pas sorti de l’auberge, mais les carottes ne sont pas cuites ! De toute façon, je ne suis pas une obsessionnelle de la cause, du procès. Et je préfèrerai toujours être qui je suis plutôt que qui ils sont, exception faite des trop rares qui ont manifesté un peu d’humanité, d’ouverture d’esprit. Je préfèrerai toujours avoir perdu contre des crétins ou contre des monstres, contre des lâches et des médiocres, et me protéger de la contagion. L’essentiel est ce que je suis moi, et ce que je fais. C’est beaucoup plus payant sur la durée. On croit avoir perdu quand en fait on a gagné. L’indignité n’est jamais du côté de celui qu’on a voulu humilier, elle est la nature même de celui qui a voulu humilier. Ça ne doit pas être facile à vivre tous les jours.

Toujours sur pause

Posté le 02.06.2007 par romanantes

Samedi 2 juin. Eh oui, toujours sur pause, et pour combien de temps, je n’ai pas encore la réponse. Le titre de mon journal était initialement « Roma-Nantes, avec ou sans retour … ». Il est évident qu’il y a un retour, mais je dois mettre un peu d’organisation dans le processus …
Attendre mon dossier médical, dont j’ai redemandé avant-hier la copie … Et vider finalement cet appartement ! Ce qui de toute façon va se faire, chaque chose en son temps, c’est juste le timing qui s’est modifié avec cette histoire, mais ça va se faire.
Ai finalement vu hier le médecin qui m’avait prescrit le lexomil, informé bien-sûr que j’avais un peu abusé avec le dosage. Je craignais fort une réaction brutale de sa part, il faut dire que je suis plutôt habituée à des réactions brutales qu’à des manifestations de sympathie de la part des médecins, particulièrement ces derniers temps … Mais non, compréhensif et sympa, bon j’ai un certificat qui parle d’insomnie et de douleur dorsale droite, dont je ne surestime pas le poids, il me l’a dit lui-même, j’aurais dû venir dès ma sortie de l’hôpital, quand les hématomes étaient visibles. Mais bon, l’avocat voulait un certificat médical, c’est fait.
Des nouvelles de Rome plutôt satisfaisantes, question cours, mais voilà, je dois déjà y retourner. Donc Roma - Nantes, avec retour prochain …

L'hôpital sait gagner du temps !

Posté le 30.05.2007 par romanantes
Eh oui bien-sûr, je devais m'y attendre ! Viens de recevoir une lettre de l'hôpital qui, en réponse à ma demande de copie de mon dossier, me propose un rendez-vous avec un psychiatre le 20 juin prochain !!! Très fort.
On vous demande de motiver votre demande par un courrier joint au formulaire, vous vous contentez de dire que vous "souhaitez comprendre les raisons de votre hospitalisation", et on reprend cette phrase pour vous reprogrammer en psychiatrie, à Saint-Jacques, où on va tout faire pour vous convainre de repartir sans votre dossier, et tenter de vous persuader que l'on vous a gardé contre votre volonté pour votre bien !!!
Eh bien non, je n'irai à aucun entretien, j'ai le droit de demander copie de mon dossier médical, c'est la loi, je ne suis pas malade, et je vais donc demander à l'avocat de bien vouloir adresser une nouvelle demande ! Que les médecins sont misérables, vraiment. Incapables de se remettre en question, jamais. Là, je ressens une grande pitié !

un commentaire qui fait chaud au coeur

Posté le 29.05.2007 par romanantes
En ce lendemain de Pentecôte, septième dimanche et cinquantième jour après Pâques (Pâques = la passion) : un commentaire qui fait chaud au coeur ! merci dr Vincent, je vais tout faire pour continuer, mais savez-vous que l'hôpital n'est pas prompt à m'envoyer la copie de mon dossier ... se méfient-ils ... ont-ils lu mon blog ... bon, on verra bien. Je m'attends à un dossier bidouillé de toute façon, ils leur faudra charger un maximum mon "état" s'il veulent se justifier. Et je n'aurai personne pour témoigner que leur comportement fut odieux, brutal et totalement aux antipodes de ce qu'on attend d'un médecin ou d'un service hospitalier. Je serai Davidette contre Goliathor, et ne suis pas sûre de savoir viser ! Bon, j'aurai un avocat, à lui de faire le boulot, mais la machine à affronter sera de taille ! Donc attendons de recevoir ce dossier ...

c'est au moins le printemps

Posté le 18.05.2007 par romanantes


Vendredi 18 mai. C’est au moins le printemps. Ma molaire soignée. De nouveaux cours pour l’Upter à Rome à démarrer mi-juin ! Un mail de Cecilia de Rome également, qui me demande quand je rentre.
Et Yves qui s’annonce depuis le fin fond de ses Côtes d’Armor ! Ne nous sommes pas vus depuis trois ans et demi ! Bon, ce sera sympa de passer deux trois jours avec lui …

Ai retourné aujourd’hui le formulaire pour demander mon dossier médical … Combien de temps pour le recevoir ? J’irai voir un médecin la semaine prochaine, vu que mes hématomes sont trop peu significatifs aujourd’hui, ça pourra attendre encore quelques jours. Ne sais toujours pas à qui aller raconter mon histoire.
Mais je sais qu’il me sera très difficile d’être entendue dans cette affaire, surtout si j’en juge par un courrier paru dans Ouest-France daté 12-13 mai, intitulé « Soirée cauchemar au service des urgences de Nantes », et sa réponse par la directrice adjointe du CHU, c’est édifiant. Nouvelle mise au point de la patiente dans le Ouest-France du 16 mai, suivi du point de vue d’un lecteur et d’une longue plaidoirie du chef des urgences. À l’évidence la patiente n’a rien inventé de son passage dans ce service où les pompiers l’avaient conduite, et où elle a vécu, comme elle le dit, un cauchemar. Le récit chronologique précis ne permet pas de douter de la bonne foi de cette femme. Il faut lire la réponse méprisante de la directrice adjointe et la justification désolante du chef du service !
C’est très instructif. J’imagine très bien ce qu’ils vont dire sur mon « agitation » et la menace que je représentais pour autrui ou pour moi-même, assommée comme je l’étais de lexomil ! Autant de mauvaise foi me donne la nausée, ce petit corporatisme totalement antinomique du serment d’Hippocrate, comment peuvent-ils eux-mêmes s’y accrocher avec cette arrogance ? De quoi ont-ils peur ?
Dans la police, ce que j’ai subi s’appelle un dérapage, une bavure. Parfois ils le reconnaissent, c’est assez rare c’est vrai, mais parfois oui, ils le reconnaissent. Dans le monde médical, ils ont toujours raison, ils décident entre eux puis se justifient et se soutiennent réciproquement, ils sont au-dessus de la loi. Un patient non médecin est considéré comme ignorant, et s’il se plaint, il est un « emmerdeur ».

Puisqu’à présent c’est à Sarkosy et non à Ségolène qu’il faut s’adresser, M. le président, s’il vous plaît, qu’envisagez-vous pour simplement faire appliquer la charte du patient hospitalisé ? Mme Bachelot, puisque depuis ce matin vous êtes la ministre de la Santé, avez-vous réfléchi à ce problème qui n’est pas d’aujourd’hui, et qu’allez-vous faire exactement ? Vraiment, j’aimerais apprendre quelque mesure révolutionnaire sur le droit de tout patient à être traité en tant que personne humaine. Vraiment, j’aimerais qu’on écoute et qu’on lise attentivement les doléances des citoyens affirmant avoir été mal traités par des personnels médicaux, en milieu hospitalier ou non. Au moins qu’on accorde un minimum de crédit à leurs propos, sans les rejeter d’emblée avec mépris, comme le fait la directrice adjointe du CHU de Nantes. Le rejet systématique de toute plainte et le refus de toute remise en cause de ces personnels décrédibilisent totalement l’ensemble de la profession. C’est injuste pour ceux qui font bien leur boulot, et c’est injuste pour les patients doublement méprisés.
Tout comme j’espérais un peu de bienveillance alors que j’étais hospitalisée contre ma volonté, je voudrais aujourd’hui être écoutée et entendue. J’ai été maltraitée, absolument maltraitée, j’ai été traitée de la manière la plus indigne, et cela a eu lieu au service des urgences du CHU de Nantes. Il faudra bien qu’un jour cela soit reconnu. Simplement reconnu.

La lutte est aussi un cauchemar

Posté le 14.05.2007 par romanantes
La lutte est aussi un cauchemar


Faire valoir ses droits suppose que l’on soit prêt à affronter beaucoup d’adversité. L’idéal serait d’y renoncer, renoncer à un monde où il faut sans cesse affronter beaucoup d’adversité. L’idéal serait de se retirer sur « une île déserte », à se laisser couler dans un lagon turquoise et laisser couler les jours et les nuits en buvant de l’eau de coco, entre soleil et pluie tropicale … Très loin de Rome évidemment …

Rome d’où je reçois des messages pour de nouveaux cours, quand je suis incapable de prévoir la date de mon retour. Giulia, vraiment sympa, me propose de reprendre mon cours en septembre, c’est la seule bonne nouvelle du moment.

J’attends de recevoir le formulaire pour demander mon dossier médical, à retourner avec copie d’une pièce d’identité, impossible d’aller le récupérer sur place, ça va être un peu long.

Et je n’ai toujours pas vu de médecin pour me faire établir ce certificat qui devrait attester de mes « séquelles psychiques ». Séquelles dont on pourrait se servir pour m’interner de nouveau, non ? Ils se gêneraient peut-être ! Allez, je dois le faire de toute façon, si je veux que l’avocat me dise si un procès est envisageable ou non.

Une année que j’ai pris cet appartement que je n’aurais jamais dû prendre, une année où sont passés un printemps et trois hivers. Je ne peux logiquement que revoir le printemps. Ou l’été directement. Et ce sera très probablement dès que j’aurais rendu les clés de cet appart où je n’ai jamais aimé être. Allez, courage, l’été arrive.

la lutte continue

Posté le 10.05.2007 par romanantes
La lutte continue

Mardi 8 mai. Hélas hélas hélas. Ségolène n’est pas notre présidente. Et ses « bons amis » de l’accuser illico, le petit gros et le chauve en tête et la tête dans le guidon, allez, on va lui faire la peau ! Ça me rappelle une pub : « je l’aurai un jour, je l’aurai ! », lamentable.
Bon, elle magnifique dans sa déclaration sereine et assurée, elle ne baisse pas les bras, le combat continue. Une femme debout, voilà, et le petit gros et le chauve ils ne supportent pas une femme debout ! Quand va-t-on nous débarrasser de ces vieux débris non seulement inutiles mais nuisibles ? On était nombreux à le dire dimanche soir à la fédé, c’est pour elle qu’on est venu, et c’est pour elle qu’on va rester, n’en déplaise aux vieux débris. Demain ne pourra vraiment plus se faire sans elle.

Bon, de mon côté, la lutte continue également. Vu hier l’avocat, BR, à l’évidence très compétent, ouf, c’est déjà ça. Je dois me faire remettre mon dossier de Saint-Jacques afin de le lui procurer, ainsi qu’un certificat attestant des séquelles dont je souffre, physiques ou psychiques. Bon, c’est très désagréable mais je dois le faire. J’ai donc téléphoné à Saint-Jacques hier après-midi, pour m’entendre dire que je devais appeler le standard de l’hôpital qui me passerait le service … Ah bon. Hier trop tard, aujourd’hui férie, le ferai demain matin.
Pour le certificat, je regrette de ne l’avoir pas fait établir quand je suis sortie, les hématomes étaient très visibles, aujourd’hui beaucoup moins après trois semaines. Enfin ils sont toujours là mais atténués. L’avocat m’a parlé d’éventuelles séquelles psychiques, difficulté à dormir par exemple. Oui, c’est vrai, je dors mal, très mal, et n’ai aucun appétit. Et me sens souvent oppressée. Je suis beaucoup plus mal en fait aujourd’hui qu’avant. Quelle valeur cela a-t-il, comment le quantifier ?
Et chez quel médecin aller, je n’en connais aucun, hormis celui qui m’avait prescrit le lexomil, je ne me sens pas vraiment d’aller lui raconter toute cette histoire … Prendrai l’annuaire demain. Dois-je aller plutôt chez une femme ? J’ai besoin d’un médecin capable d’entendre, homme ou femme ce n’est pas vraiment la question, c’est une histoire de sensibilité, et justement, trouver un médecin sensible, qui ne regarde pas sa montre, c’est possible, oui, mais c’est aussi le coup de chance. En prenant l’annuaire, je jette les dés et tombe sur un inconnu, sensible ou non, il me faudra bien lui raconter cette histoire.

Et je dois aussi me trouver un dentiste, une prémolaire mal soignée l’an dernier me faisant mal … J’avais bien besoin d’un petit supplément de contrariété.

Pour les dix-neuf mois de prestation compensatoire non versés, trop tard ! L’avocat m’a appris qu’après cinq ans il y avait prescription, et il y a eu cinq ans en février ! Je n’y croyais pas, ne suis donc pas déçue, c’est comme ça, et c’est normal, mon ex jouant les insolvables ! On a les ex qu’on mérite, non ? Exactement comme avec les amis, on a ceux qu’on mérite. À moi de savoir aujourd’hui mériter mieux.

Je sais que je veux retourner à Rome au plus vite et pour toujours. Donc je relève les manches, allez, ça va le faire !

D’autant que j’ai eu hier un mail de Giulia me demandant de confirmer mon retour et la reprise de mon cours vendredi prochain … Lui ai répondu que je ne pourrais pas rentrer cette semaine … Je me doute bien qu’on ne va pas m’attendre … On va me remplacer, et voilà, je me suis arrangée pour perdre un boulot auquel je tenais vraiment. Il me faudra tout reprendre à zéro, boulot et logement … C’est juste le cauchemar qui continue, je dois en trouver l’issue.

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